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PFAS dans l’eau potable : un poison invisible et persistant

  • Stéphane Berger
  • mai 20, 2024
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Que sont les PFAS ?

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont une famille de plus de 4 000 composés chimiques synthétiques. Ils sont massivement utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméables et résistantes à la chaleur.

Utilisations courantes des PFAS :

  • Ustensiles antiadhésifs (type Téflon)

  • Emballages alimentaires (papiers gras, fast-foods)

  • Textiles imperméables

  • Cosmétiques

  • Mousse anti-incendie

  • Industrie électronique

Problème : ces molécules sont quasi indestructibles, s’accumulent dans l’environnement et se retrouvent aujourd’hui dans l’eau potable, l’air, les sols, et même dans le sang humain.

​Le Dr. Shiwen Li, chercheur financé par le NIEHS, a récemment souligné l’urgence de recherches plus approfondies concernant les PFAS, déclarant : « Les associations significatives identifiées entre les PFAS dans l’eau potable et divers cancers soulignent le besoin urgent de recherches plus complètes. 👉 ​factor.niehs.nih.gov

De plus, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a indiqué que l’exposition prolongée à certaines PFAS pourrait être liée à des effets sur la santé, tels que la diminution de la réponse immunitaire à la vaccination, la dyslipidémie, la réduction du poids à la naissance et une augmentation du risque de cancer du rein. ​👉INSPQ

Ces observations reflètent les préoccupations croissantes de la communauté scientifique concernant les risques sanitaires associés aux PFAS.​

PFAS et eau potable : une crise sanitaire silencieuse

Comment les PFAS contaminent-ils l’eau ?

  • Rejets industriels (traitements de surface, plasturgie, textile)

  • Incinération de déchets fluorés

  • Infiltration via les boues d’épuration épandues dans les champs

  • Rétro-contamination des nappes phréatiques et rivières

➡️ Résultat : les PFAS se retrouvent dans les captages d’eau potable, sans que les stations de traitement classiques ne puissent les éliminer efficacement.

Selon l’Anses (2023), 25 à 30 % des échantillons d’eau potable analysés contiennent des PFAS.
Le Monde (2024) révèle que 20 % des Français boivent une eau non conforme aux normes européennes.

 

Quels sont les effets des PFAS sur la santé ?

Les PFAS sont bioaccumulables et toxiques même à très faible dose. Ils ont une demi-vie dans l’organisme de plusieurs années, ce qui signifie qu’ils s’accumulent progressivement.

Risques sanitaires avérés ou suspectés :

  • Cancers (rein, testicule)

  • Infertilité et troubles hormonaux

  • Perturbation du système immunitaire (réponse vaccinale diminuée)

  • Augmentation du cholestérol

  • Développement anormal du fœtus et de l’enfant

  • Toxicité hépatique et rénale

EFSA (2020) : la dose hebdomadaire tolérable de PFAS est de 4,4 ng/kg/semaine, seuil souvent largement dépassé.

Une pollution mondiale… et locale

On retrouve aujourd’hui des PFAS :

  • Dans 100 % des tests sanguins humains (études européennes)

  • Dans les nappes phréatiques françaises, notamment autour des zones industrielles

  • Dans les rivières, poissons, crustacés et produits agricoles

Des “hotspots PFAS” ont été identifiés à Pierre-Bénite (Rhône), dans le bassin de la Loire, et près de zones militaires utilisant des mousses anti-incendie.

Quelles solutions face aux PFAS dans l’eau ?

Ce qui ne fonctionne pas :

  • Les stations de traitement classiques (filtration, chloration) : inefficaces

  • L’ébullition : inutile

  • Les carafes filtrantes grand public : très peu efficaces

Ce qui peut fonctionner :

  • Filtration par charbon actif haute performance

  • Osmose inverse (dans certains cas)

  • Générateurs d’eau atmosphérique : production hors sol, sans PFAS ni contaminants

PFAS : quelles réponses politiques et réglementaires ?

  • France : loi votée en avril 2024 interdisant certains PFAS à partir de 2026

  • UE : projet d’interdiction globale des PFAS non essentiels

  • Procès en cours contre Arkema, Chemours, 3M… pour pollution de l’eau

Mais la régulation reste lente, et la remédiation environnementale coûteuse et complexe.

Conclusion : une prise de conscience vitale

Les PFAS représentent un défi sanitaire, environnemental et juridique sans précédent. Leur présence dans l’eau potable, invisible à l’œil nu, mais omniprésente dans nos organismes, exige des mesures urgentes, une meilleure information du public, et des solutions alternatives pour garantir un accès à une eau réellement saine.

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